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Réflexions critiques sur l’état de la Gauche Communiste

 

La décennie des années 60 s’est terminée un peu partout dans le monde par un retour des conflits sociaux sur l’avant-scène de l’histoire : les arrêts de travail ont triplé de 1968 au milieu des années 70. Outre cet aspect quantitatif, plusieurs de ces mouvements ont tenté de renouer avec la tradition de l’autonomie révolutionnaire en remettant en cause les formes traditionnelles d’encadrement de la classe ouvrière que sont les syndicats officiels et les divers partis de gauche. C’est dans ce contexte de contestation et de politisation que les organisations déjà existantes de la Gauche Communiste vont accroître leur écho ou que de nouvelles vont se créer.

Cependant, le lent déploiement des effets de la crise et la montée progressive du chômage à partir de 1974 vont infléchir cette dynamique durant la seconde moitié des années 70. Elle sera définitivement inversée dès le début des années 1980. Ainsi, au moment de l’implosion du bloc soviétique en 1989, le nombre de conflits sociaux était déjà dix fois moindre et son niveau était même retombé en deçà de la période de prospérité d’après-guerre ! [1]

Cette involution du mouvement social n’a pas épargné ses expressions politiques :
- a) Disparition de nombreuses organisations politiques de la Gauche Communiste.
- b) Disparition des lieux de débats partagés entre groupes révolutionnaires.
- c) Crises et hémorragies militantes à répétition.
- d) Arrêt du processus de regroupement entre organisations révolutionnaires.
- e) Ossification théorique et dérapages politiques.
- f) Intervention dérisoire et impact quasi nul au sein de la classe ouvrière.
- g) Etc.
Ainsi, depuis une trentaine d’années, il en a résulté un véritable état de crise politique et organisationnelle au sein de toute la Gauche Communiste.

 

=> Comme Marx et Engels l’ont plusieurs fois souligné, l’histoire n’aura pas dérogé à cette règle qui veut que tout repli dans la lutte de classe se traduit inévitablement par un recul dans ses expressions politiques.

 

Telle est la raison qui nous a incité à ouvrir une rubrique spécialement dédiée à cette question sur notre site Web. Elle rassemblera tous les textes de quelque provenance qu’elles soient qui tentent de comprendre et de surmonter positivement cet état de crise. Nous invitons tous ceux qui se sentent concernés par cette question à y contribuer. Nous publierons leurs contributions et les commenterons au fur et à mesure :

 

1) Il est minuit dans la Gauche Communiste. Cette contribution développe notre propre cadre de compréhension de cette crise politique et organisationnelle au sein des groupes de la Gauche Communiste : http://www.leftcommunism.org/spip.php?article169. Ce texte existe aussi en italien : http://www.leftcommunism.org/spip.php?article181

2) Point à la ligne est un texte de l’Istituto Onorato Damen (http://www.istitutoonoratodamen.it) expliquant les raisons politiques et organisationnelles de la scission advenue au sein de Battaglia Comunista en 2009 : http://www.leftcommunism.org/spip.php?article180

3) Sur une scission récente au sein de la Gauche Communiste est une contribution qui développe nos propres réflexions sur le texte précédant (Point à la ligne) qui explique les raisons de la séparation d’un nombre significatif de camarades de leur organisation mère (Battaglia Comunista) en 2009 : http://www.leftcommunism.org/spip.php?article183

 

Controverses

 

[1Pour plus de détails sur l’évolution du rapport de force entre les classes depuis l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, le lecteur pourra utilement se référer à notre étude sur la question : http://www.leftcommunism.org/spip.php?article155.